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Dans les mêmes années de l'éclosion des Positive Black Soul à Dakar, apparait Daara J (école de la vie), un trio de Colobane (quartier populaire entre la Médina et la zone industrielle).

Deux groupes majeurs du rap sénégalais, deux trajectoires divergentes, dès le départ.

Découverts par MC Solaar, les PBS participent à l'enregistrement de Dakar 1992, une cassette produite par le Centre Culturel Français qui réunit de prometteurs artistes  sénégalais, notamment un certain Youssou Ndour... Les deux artistes, Awadi et Duggy Tee, deviennent par la suite animateurs d'émission radio et télé, signeront dans une Major, fêteront même leur anniversaire dans une villa présidentielle... Des débuts très show biz (à relativiser quand même, voir ici)  qui leur ouvre paradoxalement la porte pour diffuser leur idéal panafricaniste, d'incarner partout en tournée ou dans les médias la figure du jeune ouest africain qui refuse la corruption des politiques et le fatalisme ambiant.

Retour à Daara J.

Formés au début des 90', le trio est d'abord connu de la scène dakaroise avant de se propager dans les pays voisins. C'est en 2003, après 3 albums internationaux (dont le dernier Boomerang avec pleins de représentants de la world music invités, passage obligé de tout artiste africain, ndlr) qu'ils reçoivent le prix de la BBC et tournent encore davantage en Europe, au Japon...

Un groupe fusion, entre le ragga de la voix rauque de Lord Aladji Man (qui n'est plus dans le groupe désormais), le phrasé d'esthète hip hop, spécialité de Ndongo D (à gauche, avec la casquette sur la photo), et le lyrisme de Fadda Freddy (à droite), leur rap s'accompagne de rythme salsa (qui a eu son heure de gloire dans les seventies à Dakar) et de pas mal d'autre style. Style vestimentaire également avec comme costumes de scènes des habits traditionnels réinventés,
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style religieux aussi avec des ôdes à Allah ou à Baye Niasse, fondateur de la confrérie des Niassènes.
ndoye89_vip_blog_com_962114beug_vip_blog_com_508310baye (c'est lui)

Un groupe surtout ultra énergique sur scène (même dans l'intimiste Villa Krystal), avec un message tout aussi social (les immigrés, la galère au quotidien, le quotidien tout court) mais moins vindicatif...

Je vous laisse avec leur dernier single, Tomorrow. Et pour la version longue, tranche de vie d'un vendeur de charbon banlieusard, c'est ici.

A bientôt !